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04/02/2026

Babelio avis Je sais ce qu'il t'a fait

Lt75
09 décembre 2025
« Je sais ce qu'il t'a fait » m'a vraiment plu, notamment grâce à son ambiance de lycée très juste : on retrouve parfaitement ces tensions sourdes, ces groupes, ces regards qui en disent long. On s'y replonge immédiatement.

Les personnages sont bien construits, attachants à leur manière, et c'est ce qui rend le roman aussi prenant. On a envie de comprendre ce qui se cache derrière leurs comportements, et surtout de découvrir le secret qui plane au-dessus d'eux.

Et quand la vérité arrive, l'effet est réussi : on est à la fois satisfait d'enfin savoir… et franchement mal à l'aise. L'auteur aborde un thème difficile avec finesse, sans voyeurisme, ce qui donne encore plus de force au récit.

Une lecture immersive, dérangeante juste ce qu'il faut, qui reste en tête après la dernière page.
 
 
ameliero
10 décembre 2025
"Je sais ce qu'il t'a fait" est un roman qui a été brillamment pensé ! Il aborde un sujet difficile tout en nous mettant dans une histoire de suspense.

Sheila se sent visée par un secret pioché au hasard, le jour où un écrivain vient animer un atelier d'écriture dans sa classe. "Je sais ce qu'il t'a fait". Qui peut être au courant de ce qu'elle vit ? Qui a écrit ce secret ?

Sheila se met alors à enquêter tout en nous parlant de son quotidien. On a tout autant envie qu'elle de connaitre l'identité de l'auteur de ce secret ! le sujet difficile est abordé "en surface", c'est dit sans être explicite, et ce n'est pas difficile à lire.

Ses descriptions concernant ce qu'elle vit sont tout à fait raccord avec la réalité, et ça m'a fait mal tellement c'est juste. Je n'ai pas du tout vécu la même chose, mais on ne m'a pas toujours respectée et je pensais exactement pareil.

Je salue le dénouement, Sheila est une battante et je lui souhaite tout le meilleur pour la suite !
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03/02/2026

Les encres vagabondes chronique Je sais ce qu'il t'a fait

Christophe MIRAUCOURT


Je sais ce qu’il t’a fait


Voici un roman très fort sur un thème douloureux qui est révélé peu à peu.

Sheila est collégienne et pendant un cours de français, Éric Matuile écrivain, intervient pour proposer un jeu d’écriture. Chaque élève doit inscrire un secret sur un morceau de papier et cinq seront tirés au sort et lus devant la classe.
Sheila est déstabilisée par l’un des messages tirés au sort par l’écrivain : « Je sais ce qu’il t’a fait. » Est-ce que ce message la concerne ou pas ? Elle mène l’enquête. Elle porte un secret très lourd dont elle n’a jamais parlé même avec Samia, sa meilleure amie.

« Si c’était pour me nuire, est-ce que ça n’aurait pas été plus simple de déposer un mot dans mon casier ? Est-ce que c’est un avertissement ? Une menace pour du chantage, comme dans les séries devant lesquelles s’endorment mes parents, genre prépare-toi à me filer du fric si tu ne veux pas que je révèle ton secret à tout le bahut ? Pourquoi écrire ce message ? C’est quoi l’idée ? M’aider ? Me secourir en mode héros masqué, genre prince charmant au pays des contes désenchantés ? Mais j’en reviens à cette même interrogation qui me hante : comment cette personne est-elle au courant ? »
Qui a pu écrire cette phrase et pourquoi ? C’est d’autant plus intrigant qu’elle retrouve d’autres petits mots dans son casier. « Je veux t’aider. »

Les violences intra familiales sont abordées avec beaucoup de sincérité, de clarté ce qui peut aider de nombreu·ses adolescent·es.
« Alors quelque part dans mon cerveau, j’ai créé le coin des Monstres et, depuis, j’y enfouis les souvenirs auxquels je ne veux plus penser. Ça me permet de parler, discuter, rire parfois, de manger une glace comme si rien de mauvais ne m’était jamais arrivé. Et quand le coin des Monstres menace de déborder et d’envahir mes pensées, je me taillade la peau pour que la souffrance rétablisse l’équilibre. »

Sheila écrit aussi et cela lui fait beaucoup de bien.

Le roman, très bien construit, maintient le suspense et révèle clairement toutes les conséquences des actes interdits et les conséquences psychologiques qu’ils entraînent. C’est un roman qui permettra à de nombreu·ses adolescent·es de mettre des mots sur ce qu’ils ou elles vivent et d’aller jusqu’au bout de leur démarche pour révéler ce qu’ils et elles subissent.

Brigitte Aubonnet 
(08/01/26)

 

Chronique à retrouver ici

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Chronique Opalivres Je sais ce qu'il t'a fait

ROMAN – Dès 14 ans *   
de Christophe MIRAUCOURT
Editions Le Muscadier – Collection (rester vivant) – 13,50 €

A l’occasion d’un atelier d’écriture réalisé dans une classe de seconde, un écrivain propose comme thème d’écriture le secret.
Parmi les cinq textes recueillis de façon anonyme et choisis : « Je sais ce qu’il t’a fait » provoque chez Sheila, un stress important. Elle se sent visée par cette phrase.
Pour elle commence une longue quête : Qui a écrit ce papier ? Que sait-elle ? Que sait-il ? En l’absence de réponse immédiate, elle se met en recherche, emplie de crainte que son secret ne soit révélé.
Elle s’expose en enfreignant les règles, dissimule même certaines de ses recherches à sa meilleure amie. Chacun devient suspect. Peu à peu, toute à sa réflexion, remontent à la surface ses peurs, la réalité qui est la sienne, sa colère, son impuissance mais aussi sa force.
Des regards et des soutiens bienveillants auxquels elle n’avait pas pensé vont l’aider à sortir de la chape de silence qui est la sienne.

L’auteur reprend, dans ce livre, les thèmes de l’inceste intra familial et du secret porté par la victime.
Il reprend nombre d’éléments déjà retrouvés dans les écrits concernant le sujet. Cependant avec habileté et finesse, il génère chez le lecteur des questionnements qui accompagnent la réflexion de Sheila son personnage.
Un livre bien écrit reprenant un thème connu mais original dans sa forme.

Chronique à retrouver sur le site d'Opalivres ici

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Chronique Je sais ce qu'il t'a fait

Du viol intrafamilial

MIRAUCOURT, Christophe, Je sais ce qu’il t’a fait, le Muscadier, 2025, 116 p. 13€50

Encore un très bon roman paraissant dans la collection « Rester vivant », dont la caractéristique est de prendre à bras le corps les problématiques adolescentes et jeunes adultes. L’auteur connaît les lieux où se passent l’histoire, à Coulommiers, et il inscrit son roman dans la veine réaliste. Les personnages sont principalement des élèves de lycée, embarqués par leur professeure de français dans l’écriture d’une nouvelle avec un écrivain.

Tout par de là, le dispositif d’écriture choisi (tirage au sort d’un des secrets confiés anonymement au papier par les élèves). Cette mise en place met l’écriture au centre de la composition du livre et c’est bien sur elle qu’il s’achève : on assiste en fait à l’écriture du livre, selon le vieux procédé systématisé par les recherches romanesques des années 1950/1960 (1). La composition se complexifie en intégrant une enquête de l’héroïne, et donc les fausses pistes suivies, et la description de sa vie dans l’intimité de sa famille. Alternent ainsi vie publique, vie privée, paroles et comportements qui donnent le change et paroles et comportements régnant dans la vie privée. C’est l’occasion de greffer entre elles des intrigues qui finissent par converger, mais aussi des thématiques secondaires apportant une respiration et assurant le rythme de la lecture.

Le thème majeur est celui du viol intrafamilial. La mainmise masculine sur le corps et l’intégrité de la fille est peu à peu explicitée : c’est une emprise sur l’intimité, sur les parties du corps et sur la parole. Associé à ce thème est celui de la scarification, qui pose les questions de quel corps survit au viol ? Quel cœur lui survit ? Quelle image de soi s’y forge ? La sidération est particulièrement mise en scène accompagnant l’enfermement de la personne dans un silence qui la coupe du reste du monde. Dans le roman, c’est le danger couru par la petite sœur qui va déclencher chez Sheila (c’est le nom de l’héroïne) l’action libératrice.

La composition complexe s’appuie sur une thématique formant l’arrière-plan du roman, celle de la camaraderie, du groupe d’ami, de la connivence générationnelle ou de l’affinité affective. Le résultat est un roman qui dresse une représentation vraisemblable d’une classe, renforçant ainsi le réalisme.

Côté langage, on sent l’hésitation de l’auteur qui intègre les vocabulaires et expressions (2) du parler des jeunes, mais dans un schème général de français syntaxiquement parfaitement conventionnel. Comme si le choix de la littérature résistait à emprunter un autre choix que celui de la langue normée. Peut-être l’auteur a-t-il préféré s’assurer un lectorat élargi, ce qu’une écriture très proche de la langue parlée ne lui aurait pas permis.

Philippe Geneste

(1) Il semble que la littérature contemporaine renoue avec ce procédé : le roman individualiste de Chiche, Sarah, Aimer, Paris, Julliard, 2025, 379 p. en est un exemple. La coïncidence est d’autant plus troublante que Miraucourt dans le secteur pour la jeunesse et Chiche dans le secteur de la littérature générale pour adulte sont contemporains dans leur écriture et que tous deux jouent sur une fausse allégation autobiographique d’un auteur qui ne serait pas celle ou celui que l’on croit.

 

Chronique à retrouver ici

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